Le Cndc présente une nouvelle édition de Conversations, son festival de danse contemporaine
Organisé par le Cndc d’Angers, le festival Conversations fait son retour du 12 au 28 mars 2026. Au Quai et dans plusieurs lieux partenaires, la programmation réunit créations, reprises et performances, entre figures reconnues et artistes émergents.
Lucinda Childs présente son spectacle Stein, avec la participation de l’ensemble Dance On Ensemble. – © Yan Revazov
Du 12 au 28 mars 2026, le Centre national de danse contemporaine d’Angers (Cndc) organise une nouvelle édition de son festival Conversations. Créé en 1978, l’établissement, qui réunit un centre de création chorégraphique, une école supérieure et une programmation danse, déploiera pendant plus de deux semaines une série de spectacles, performances, projections et rencontres au Quai et dans plusieurs lieux partenaires de l’agglomération.
Dirigé par Marion Colléter et Noé Soulier, le festival revendique un esprit fondé sur le dialogue entre esthétiques et générations : « Conversations poursuit son geste : ouvrir des espaces de dialogue là où les frontières s’estompent », expliquent-ils. Ils évoquent des « rencontres entre danse et musique, entre générations d’artistes, entre héritages et écritures émergentes ».
Une ouverture par Lucinda Childs
Le 12 mars, le festival s’ouvrira avec STEIN + 3 pièces de répertoire de Lucinda Childs, présenté avec le Dance On Ensemble. La chorégraphe américaine, associée à la scène postmoderne new-yorkaise, y propose une création inspirée des textes de Gertrude Stein, ainsi que trois œuvres des années 1970, Untitled Trio, Interior Drama et Radial Courses.
Le Dance On Ensemble, composé d’interprètes de plus de quarante ans, s’affirme dans un secteur souvent centré sur la jeunesse. La compagnie entend « renverser les perspectives en valorisant des danseurs de plus de quarante ans » et s’attache à travailler avec des chorégraphes majeurs du répertoire contemporain.
Figures établies et artistes émergents
La programmation associe des artistes reconnus et des créateurs plus jeunes. Les 18 et 19 mars, L’Étang de Gisèle Vienne, programmé par Le Quai CDN, adaptera le texte de Robert Walser. Interprété par Adèle Haenel et Julie Shanahan, le spectacle mêle jeu théâtral, dispositif plastique et travail chorégraphique autour d’un récit centré sur le trouble et le désir.
En fin de festival, les 27 et 28 mars, Mette Ingvartsen présentera Delirious Night. La chorégraphe danoise y interroge la danse comme réponse possible aux tensions contemporaines : « Et si danser était une manière de résister à l’effondrement ? ». La pièce réunit neuf danseurs et un musicien dans une forme construite autour de la transe, de la batterie et de l’endurance.
Entre ces deux propositions, plusieurs créations et reprises jalonneront la quinzaine. Noé Soulier présentera Les Vagues, pièce créée en 2018 pour six danseurs et deux musiciens de l’ensemble Ictus, centrée sur le rythme et les percussions. Il proposera également Organon, conçu avec l’artiste sonore Tarek Atoui, aux étudiants de l’école du Cndc, dans une version adaptée au Studio de création.
Solène Wachter présentera Machine à spectacle, une pièce en cours de création inspirée de l’univers des cascadeuses. Le projet entend explorer « les coulisses du risque, l’illusion du spectaculaire et la fabrique de la virtuosité », en intégrant à la scène câbles, structures métalliques et dispositifs techniques.
Questions d’identité et de mémoire
Plusieurs spectacles abordent des enjeux liés à l’identité ou à l’histoire. Yvann Alexandre présentera N.éon au Théâtre de l’Hôtel de Ville de Saint-Barthélémy-d’Anjou, en s’appuyant sur la figure du Chevalier d’Éon, « personnage des plus énigmatiques du XVIIIe siècle », dont la trajectoire brouille les assignations de genre.
Avec Bruits Marrons, Calixto Neto s’appuie sur la musique du compositeur afro-américain Julius Eastman. La pièce, conçue pour six interprètes et un piano, évoque le « marronnage » comme geste de rupture et d’affirmation, en lien avec des mémoires noires et des questions postcoloniales.
Armin Hokmi, dans Shiraz, s’inspire du Festival des arts de Shiraz, organisé en Iran entre 1967 et 1977. La pièce ne cherche pas à reconstituer l’événement mais à en faire un point d’appui : « Armin Hokmi ne cherche pas à figer ici une mémoire, mais à l’habiter, à l’inventer depuis le présent », précise les organisateurs.
Des formats variés dans plusieurs lieux
Le festival investira également la galerie David d’Angers avec Les Nymphes portent des baskets de Joséphine Boivineau, qui interroge la représentation des figures féminines dans les musées. Au Forum du Quai, Benoit Canteteau proposera What we talk about when we talk about skateboarding, un solo articulant pratique du skateboard et parcours artistique. Tiziano Cruz présentera Wayqeycuna, en espagnol surtitré, croisant récit autobiographique et réflexion sur ses racines indigènes.
Des ateliers, projections et performances complètent la programmation, notamment au Repaire Urbain et au cinéma Les 400 Coups.
« Conversations n’est pas seulement un temps de programmation dédié à la danse, c’est un engagement collectif pour maintenir vivants les lieux de création, de rencontre et de débat », indiquent Marion Colléter et Noé Soulier.
Source : https://www.angers.villactu.fr