Dédicaces
La Vénus d’Arles réinventée : Le Passage de Vénus au Musée de l’Arles antique en dialogue avec le Louvre

375 ans après sa découverte dans le théâtre antique, la Vénus d’Arles revient chez elle. Le Musée départemental Arles antique et le Musée du Louvre réunissent 83 œuvres, de Niki de Saint Phalle à Andy Warhol, autour de l’icône aux huit identités. Le Passage de Vénus est à découvrir à Arles jusqu’au 31 octobre 2026.

La Vénus d'Arles face à la Vénus de Botticelli revisitée par Andy Warhol, exposition Le Passage de Vénus, Musée départemental Arles antique, 2026La Vénus d’Arles et Birth of Vénus (After Botticelli) oeuvre d’Andy Warhol 1984, ©Coco Dolle

 

Trois cent soixante-quinze ans après sa découverte dans les vestiges du théâtre antique d'Arles, la célèbre Vénus d'Arles retrouve une place centrale dans une exposition d'envergure, Le Passage de Vénus, présentée par le Musée départemental Arles antique en collaboration exceptionnelle avec le Musée du Louvre. Une exposition à découvrir jusqu'au 31 octobre 2026.

Grande Statuette d’Aphrodite diadémee, fin du IIe siècle après J-C., © Coco Dolle

La Vénus d'Arles retrouve sa ville : 83 œuvres et le Louvre célèbrent Le Passage de Vénus

33 prêts exceptionnels du Louvre au Musée de l'Arles antique

Réunissant 83 œuvres, dont 33 prêts exceptionnels du Louvre, l'exposition propose un vaste parcours retraçant les multiples métamorphoses de cette figure mythique, depuis l'Antiquité jusqu'aux interprétations les plus contemporaines. Sculptures, peintures, photographies et installations composent un dialogue où la Vénus traverse les siècles, du symbolisme au pop art, jusqu'aux pratiques artistiques actuelles. Prêtée pour le temps de l'exposition par le musée du Louvre, la sculpture originale retournera dans la capitale à la clôture de l'exposition, au grand dam des Arlésiens.

    Buste d’Aphrodite, fin du Ier siècle avant J-C., ©Coco Dolle

Jean de Loisy, Ludovic Laugier et Romy Wyche : trois commissaires, huit identités

Conçue par trois commissaires : Jean de Loisy, directeur artistique de la Fondation Van Gogh, Ludovic Laugier, conservateur en chef du Patrimoine au département des Antiquités du musée du Louvre, et Romy Wyche, directrice du musée départemental Arles antique, l'exposition Le Passage de Vénus s'articule autour d'un parcours depuis la naissance mystique de la Vénus aux multiples identités, enrichi par la confrontation de l'art contemporain avec des œuvres de Niki de Saint Phalle, Annette Messager, Wim Delvoye, Andy Warhol, Rineke Dijkstra, Michelangelo Pistoletto et Martial Raysse.

      Vénus aux chiffons, oeuvre de Michelangelo Pistoletto, 1967, © Coco Dolle

Deux œuvres d'artistes arlésiens y sont aussi présentes, le photographe Lucien Clergue et la sculptrice Serena Carone.

Raconter la Vénus d'Arles autrement

Autour de huit identités, le commissaire Jean de Loisy propose « une nouvelle lecture pour pouvoir raconter la Vénus d'Arles autrement ». Plus qu'une simple déesse antique, la Vénus apparaît ici comme un archétype universel. Figure de beauté, de désir, de pouvoir, mais aussi d'identité, elle devient le miroir des valeurs et des représentations de chaque époque. L'exposition interroge ainsi la manière dont les artistes se sont emparés de son image, l'ont idéalisée, déconstruite ou réinventée au fil des siècles.

       Ce que je vois, oeuvre de Serena Carone, 2010, © Coco Dolle

Frédéric Mistral et le mythe de « celle qu'on ne voit jamais »

Depuis le temps des félibres de Mistral, dont vient l'expression « l'Arlésienne », la Vénus envoûte les artistes. D'abord identifiée comme une Diane découverte en 1651, Frédéric Mistral en fait un mythe, « celle qu'on ne voit jamais », puisque Louis XIV ordonne de la transférer aussitôt au Louvre pour lui remplacer le bras qu'elle a perdu. Placée en son temps au sommet du théâtre antique, la statue conserve un rôle problématique selon la commissaire Romy Wyche : « Sa présence interroge : pourquoi intégrer, dans un dispositif politique, une divinité traditionnellement associée à l'amour ? »

La force de la beauté et de l'amour de la Venus d'Arles

À travers les regards croisés des artistes, l'exposition invite à réfléchir à ce que cette icône peut encore signifier aujourd'hui : les notions de féminité, de patrimoine, de mémoire ou de représentation du corps. À Arles, la Vénus n'est plus seulement un chef-d'œuvre du passé : elle devient une figure en mouvement, continuellement réinventée par les artistes et par notre regard.

Twisted Adonis and Venus, oeuvre de Wim Delvoye, 2024, © Coco Dolle

En offrant une lecture résolument contemporaine de cette œuvre majeure, Le Passage de Vénus dépasse le récit historique pour faire de la sculpture antique un véritable espace de réflexion. Une section générée par l'intelligence artificielle est aussi proposée. Le commissaire Ludovic Laugier insiste ainsi sur le fait que cette exposition a été conçue « avec le plus d'audace pour montrer tous ces aspects d'Aphrodite, la force de la beauté et de l'amour qui fait l'espace de la vie ».

Infos pratiques :
Le Passage de Vénus
Du 24 avril au 31 octobre 2026
Musée départemental Arles antique, Presqu'île du Cirque romain, 13200 Arles

 

Source : https://www.marie-celine.com

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