Jungle, Jorja Smith, Jon Batiste, Sam Smith, Ayra Starr, Interpol, Lambchop … Les incontournables albums d’août à rattraper
Vous avez le choix entre trois albums du brillant Jon Batiste, « What are the odds » de Jorja Smith, « Hazel Eyes » de Sam Smith, « This Mirror Weighs a Ton » d’Interpol, l’album solaire de Jungle ou le retour d’Allah Las.
Par Alice Durand & Olivier Ubertalli ... Publié le 31 août 2026 à 13h00

Le groupe londonien Man/Woman/Chainsaw a sorti un magnifique premier album en août 2026 (Photo : DR).
L’été a fourni son lot d’émotions, de chaleur et de catastrophes, et en musique, de festivals annulés… Alors que le soleil quitte les terres françaises, il est donc temps de faire le plein de mélodies, à écouter (ou non) depuis le foyer, à l’abri des intempéries, avant le retour dans le tambour de la machine…
« Le Point » vous a sélectionné les albums à retenir du mois d’août, entre la chaleur de Jungle, les voix gracieuses de Jorja Smith et Ayra Starr, la douceur de Sam Smith, de Jon Batiste, de Laura Veirs et d’Allah Las, ou encore le chaos de Man/Woman/Chainsaw. À vos enceintes.
Jon Batiste, Black Mozart, Monk Movements et Monk Mediations ✭✭✭✭✭
Mozart et Monk en liberté
Certifié comme « un artiste de génie » et auréolé de huit Grammys, le pianiste américain Jon Batiste a grandi dans une famille de musiciens de La Nouvelle-Orléans, où il a été nourri de jazz, de blues, de gospel, ou de ragtime ou de stride. Voici comment, à 39 ans, il s’empare de l’œuvre du génie de Salzbourg et de Thelonious Monk pour présenter Black Mozart – un nom inspiré de Joseph Bologne, chevalier de Saint-Georges – Monk Movements, et Monk Mediations, trois disques sortis le même jour.
Sur « Country Zart », inspiré des Noces de Figaro, Jon Batiste transporte ainsi Mozart vers Memphis, tandis que sur « Molto in Caya Hueso », une relecture de la Symphonie n° 40, il injecte à l’œuvre un groove cubain et des accents de jazz. Chez Monk, il divise le travail en deux, entre des classiques transformés en grandes pièces pour piano sur Movements, et d’autres en morceaux ambiants sur Meditations. Parfois plus fidèle, sur « Alla Turc Movement » et « Molto », parfois aventureux, jusqu’à laisser quelques compositions originales se glisser entre les classiques, Jon Batiste, conserve l’esprit des œuvres tout en les rendant accessibles à un public qui n’aurait jamais poussé la porte d’une salle de concert classique.
Alice Durand
Jorja Smith, What are the odds ✭✭✭
Jorja version électronique
Depuis Lost & Found, Jorja Smith a fait de sa voix son arme, et de ses productions le prolongement de ses émotions. Or sur What Are the Odds, son troisième album, la chanteuse britannique installe une distance. Un renouveau par l’électronique, introduit par les superbes « For Life » et « What are the odds », sur lesquels résonne sa voix en fond de tête. Façon de réfléchir sur l’amour, sur la perte, l’amitié ou le passage du temps, et ainsi va-t-elle se mettre au second plan derrière des productions UK garage, de 2-step et d’afrobeats.
Qu’il est agréable de découvrir la chanteuse britannique via ses goûts, sur des sonorités qui rappellent le mouvement, la ville, et laissent place aux pensées modernes « Tout simplement, c’était mieux quand je n’avais rien / Difficile de mesurer le prix à payer quand on a tout, non ? » chante-t-elle sur « This City ». Mais au milieu des synthés et des percussions à foison, Jorja Smith finit par manquer d’accroche. Dès « This city », les mélodies manquent de créativité, lassent et n’impressionnent pas. Dommage, car lorsque Jorja Smith retrouve de la prestance, comme sur le début de « Pretend », sur « Young Heart » ou « Make it your home », le charme opère immédiatement. Une belle évolution, donc – au risque pour Jorja Smith de marquer la distance avec le grand public.
En concert le 27 mai 2027 en France, à l’Accor Arena
Alice Durand
Sam Smith, Hazel Eyes ✭✭✭✭
L’amour façon gospel
Depuis vingt ans, Sam Smith est une usine à tubes. De « Latch » avec Disclosure, au puissant « Unholy » sorti il y a deux ans, en passant par l’iconique « Stay with me ». Ainsi Sam Smith, aux cinq Grammys et aux 65 millions d’albums vendus, aurait pu continuer sur cette lancée. Mais sur Hazel Eyes, la pop s’y fait plus sensuelle, moins formatée, et surtout… Ça y est ! Voilà qu’iel a trouvé l’amour, voilà qu’iel doit le raconter, c’est le moment. Alors, Sam Smith se laisse guider par sa relation avec Christian Cowan, loin de sa mélancolie habituelle, sur des mélodies douces et des chœurs incandescents.
D’abord, il y a le calme de « Everlasting Love », puis la beauté de « My guy » – clin d’œil dans le rythme à « My girl », des Temptations – avant le plus country « When He’s Gone ». Puis, le vieux piano et les sifflements de « Love Is a Stillness » transportent ; le saxophone de « Sugar Rush » rassure, l’ode à sa mère « Oh Mother » exalte. Mais surtout, il y a ces voix, comme des anges, volant au-dessus du chanteur, présentes sur tous les morceaux, une grande force d’un l’album plein de douceur et de tendresse. Il n’y a pas à dire : on ne peut qu’apprécier la joie et la paix que Sam cherche à nous communiquer.
Source : https://www.lepoint.fr