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« ICE dehors » : ce qu’il faut retenir des Grammy Awards très politiques

Lors de la 68e édition de l’événement, plusieurs artistes dont le musicien portoricain Bad Bunny ont pris la parole contre la police de l’immigration.

Julie Malo ParJulie Malo/Journaliste

Publié le 02/02/2026 à 08h46, mis à jour le 02/02/2026 à 08h58

Le chanteur Bad Bunny est reparti avec trois récompenses des Grammy Awards. © Getty Images via AFP

Ce n’est pas une cérémonie qui est connue pour ses prises de positions politiques. Et pourtant… La 68e édition des Grammy Awards, qui s’est déroulée dans la nuit de dimanche à lundi, a couronné plusieurs noms incontournables de la scène musicale de 2025, et été le théâtre de nombreuses pris de positions contre Donald Trump et sa police de l’immigration.

Le roi de la pop Bad Bunny a remporté la récompense de l’album de l’année pour Debi tirar mas fotos (J’aurais dû prendre plus de photos), une première pour un disque chanté en espagnol. Au total, il a récolté trois trophées – deux autres pour meilleure performance musicale mondiale et pour meilleur album de musique urbaine. Lors de son passage sur scène, il a pris la parole pour s’en prendre au président des États-Unis.

Le chanteur portoricain a notamment appelé à « mettre dehors » la police de l’immigration aux États-Unis (« ICE out ») – à l’instar d’autres artistes, comme les musiciens canadiens Justin Bieber et Joni Mitchell, qui ont arboré le slogan sur des pins. Le musicien de 31 ans, dont le dernier disque fait la part belle aux rythmes traditionnels de Porto Rico et évoque la colonisation de l’île des Caraïbes (sous juridiction américaine depuis 1898) a poursuivi : « Nous ne sommes pas des sauvages. Nous ne sommes pas des animaux. Nous ne sommes pas des étrangers. Nous sommes humains et nous sommes Américains. »

Benito Antonio Martínez Ocasio, de son véritable nom, a également appelé à ne pas se laisser « contaminer » par la « haine » : « La haine se nourrit de haine. La seule chose plus puissante que la haine, c’est l’amour. Alors, s’il vous plaît, nous devons changer. Nous devons combattre, mais avec amour. »

Il a « dédié ce prix à tous ceux qui ont dû quitter leur patrie, leur pays, pour suivre leurs rêves » : « À tous les Latinos du monde entier et à tous les artistes qui nous ont précédés et qui méritaient d’être sur cette scène pour recevoir ce prix, merci infiniment. »

Plusieurs artistes prennent la parole

Plusieurs autres artistes ont pris la parole pour commenter la situation politique. Bilie Eilish, qui a reçu le prix de la meilleure chanson de l’année pour « WILDFLOWER », a appelé à « continuer à nous battre, à prendre la parole et à manifester ». Le chanteur Shaboozey, dont les parents sont originaires du Nigeria et dont la musique mêle hip-hop et country, a pour sa part rendu hommage aux immigrés, martelant qu’ils ont « construit ce pays ».

Quant à Olivia Dean, la Britannique révélation de l’année, née d’un père anglais et d’une mère jamaïcaine et guyanienne, elle a loué leur « courage ».

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Côté récompenses, le rappeur Kendrick Lamar a empoché cinq prix – comme l’année dernière – dont celui de l’enregistrement de l’année pour « luther », en duo avec la chanteuse américaine SZA. Lady Gaga est quant à elle repartie avec deux distinctions pour son album électropop Mayhem.

                     Kendrick Lamar est le grand gagnant de la 68e édition des Grammy Awards. © (KEVIN WINTER/Getty Images via AFP)

Ce n’est pas la première fois que Bad Bunny prend la parole et s’engage politiquement. L’artiste portoricain a décidé il y a plusieurs mois que sa tournée mondiale ne passera pas par les États-Unis, pour protéger ses fans hispaniques des raids de l’ICE, et a choisi de se produire exclusivement sur son île natale. Dans une semaine, il se produira cependant lors de la mi-temps du Super Bowl, la très suivie finale du championnat de football américain.

Le palmarès

Album de l’année : « DeBÍ TiRAR MáS FOToS », Bad Bunny

Enregistrement de l’année, récompensant l’enregistrement et la production : « luther », Kendrick Lamar avec SZA

Chanson de l’année, récompensant les auteurs/compositeurs : « WILDFLOWER », (Billie Eilish), Billie Eilish O’Connell et Finneas O’Connell

Révélation de l’année : Olivia Dean

Meilleur album vocal pop : « MAYHEM », Lady Gaga

Meilleure prestation pop en solo : « Messy », Lola Young

Meilleure prestation pop en duo ou en groupe : « Defying Gravity » (« Wicked »), Cynthia Erivo et Ariana Grande

Meilleur album rap : GNX, Kendrick Lamar

Meilleure prestation rap : « Chains & Whips », Clipse (Pusha T et Malice), featuring Kendrick Lamar et Pharrell Williams

Meilleur clip : « Anxiety », Doechii

Meilleur album de musique du monde : « Caetano e Bethania Ao Vivo », Caetano Veloso et Maria Bethania.

 

Source : https://www.lepoint.fr

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