Musique
Avec Reality Awaits, sorti ce vendredi 24 juillet, les Américains signent un septième album particulièrement attendu.
Par Marie Courtois
27 juillet 2026
The Strokes
Il y a 25 ans, pratiquement jour pour jour, The Strokes sortaient en Europe leur premier album, Is This It, apportant un nouvel élan à la scène rock qui semblait alors en perte de vitesse. Depuis, le groupe originaire de New York a enchaîné les tubes (Last Nite, Reptilia, Hard To Explain, You Only Live Once, ou, plus récemment, The Adults Are Talking) et a inspiré de nombreux groupes (The Killers, Franz Ferdinand, Arctic Monkeys dont le morceau Star Treatment fait clairement référence). Un quart de siècle plus tard, le groupe signe un septième opus, Reality Awaits, qui était particulièrement attendu.
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The Strokes
Un album politique
Enregistré au Costa Rica avec l’aide du producteur Rick Rubin (qui avait déjà travaillé sur leur précédent album, The New Abnormal), Reality Awaits est sans doute l'album le plus politique des New-Yorkais. Ce virage se distinguait dès la sortie du premier single de ce nouvel album : Going Shopping. Sous son air très léger porté par les guitares de Albert Hammond Jr. et Nick Valensi, le titre traite du consumérisme et dresse le portrait d’une société portée sur le capitalisme. Sur la scène de Coachella, où le groupe se produisait en avril 2026, Julian Casablancas portait d’ailleurs un t-shirt “Amazon Crime”. Autre indice : la pochette de l’album, qui reprend une œuvre de Richard Prince, “(Untitled) Cowboy”, elle-même rephotographiée à partir de publicités pour les cigarettes Marlboro, comme une critique de ce fameux mythe de l’Ouest américain. Le ton est ainsi donné : l’album s’annonce plus sombre qu’à l’accoutumée.
Une constatation qui se confirme dès le premier morceau, sans doute le plus radical de l’album, Psycho Shit, qui clame haut et fort “we’re all dead”, “we learn to die to learn to live”. Ce titre montre également la forte influence de The Voidz, le second groupe porté par Julian Casablancas, sur cet album. Notamment par l’usage, parfois trop appuyé, de l’auto-tune. Et c’est probablement pour cette raison que Reality Awaits divise le plus. S’éloignant des guitares brutes et du timbre un brin imparfait des débuts du groupe, la distorsion de la voix, omniprésente sur l’ensemble de ce nouvel opus (Falling Out of Love, Going to Babble On…), est ici utilisée comme un véritable instrument à part entière, dans une esthétique davantage héritée de The Voidz que des Strokes. Cette voix, presque déshumanisée, transformée artificiellement, peut néanmoins renforcer tout le propos de Reality Awaits et cette tension entre le vrai et le fabriqué ou encore l'utilisation de l'intelligence artificielle évoquée dans Liar's Remorse. Un choix qui pourrait déconcerter les nostalgiques des premiers albums mais que les Américains défendront le 22 octobre prochain dans un Accor Arena qui a affiché complet en seulement quelques minutes.
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