Marc Parodi prend son envol : "Il faut vivre des choses pour pouvoir écrire"
Marc Parodi se lance dans une carrière musicale solo. Après la sortie du single "Papillon Noir" en 2025, il dévoilera son prochain titre le 13 février.
Par Maud Alexia Faivre , le dimanche 08 février 2026
Tout a commencé dans sa chambre, avec une guitare et les paroles de Jean-Jacques Goldman dans la tête. L'histoire a continué à l'Atla, une école de musique, où il a monté un groupe, Kiz. Au bout de dix ans, il a fallu tourner la page. Et c'est désormais un nouveau chapitre que Marc Parodi écrit avec un projet musical solo, officiellement lancé en novembre 2025 avec la sortie de son single Papillon noir. L'occasion de recommencer à zéro, de collaborer avec de nouvelles personnes, d'ouvrir de nouveaux horizons sans fixer de limites. Une période de près de deux ans qui lui a permis de composer en toute liberté.
En parallèle, Marc Parodi réalise des vidéos sur Instagram, dans lesquelles il crée et insère des bandes-sons à des vidéos bien connues du grand public, comme cet extrait montrant un enfant et son père au lendemain des attentats du 13 Novembre 2015, qui avait touché de nombreuses personnes. C'est un musicien qui revient de loin, et qui a su trouver dans sa créativité la force de se lancer en solo. Pour preuve, il a accompagné la star de la chanson française dans les années 2000 Emma Daumas, et il s'apprête à sortir un deuxième single le 13 février prochain. Ce qu'il faut retenir de ce musicien ? Sa résilience.
Affiches Parisiennes : Que retenez-vous de l'expérience dans la musique que vous avez vécue auparavant ?
Marc Parodi : Je me suis formé avec ce projet parce que, quand j'ai commencé, j'avais vraiment zéro expérience. J'avais peut-être fait deux concerts à l'école. C'est ainsi que j'ai pu apprendre pendant dix ans. Il me reste encore beaucoup de choses à apprendre. J'ai fait plus de 300 concerts, on a joué à l'étranger, c'était super, nous sommes passés à la télé et à la radio. J'ai pu découvrir le métier avec ce projet, et puis, musicalement, j'ai mûri.
Vous avez sorti votre single Papillon Noir en novembre dernier. Qu'est-ce que cette chanson représente pour vous ?
Je sais que les gens qui l'écoutent n'y pensent pas forcément, parce que c'était un peu voulu, mais à l'origine, je l'ai écrite à cette période de fin de projet, où tout s'écroulait. Je n'étais pas bien même quand ce projet existait encore. C'était une période de ma vie durant laquelle j'essayais vraiment de comprendre comment je fonctionnais, ce qui se jouait en moi et que je ne comprenais pas. J'avais un mal-être permanent dont je voulais me débarrasser. Jusqu'au jour où je me suis demandé si je le voulais vraiment, si, en réalité, je n'aimais pas un peu me trouver dans cet état qui creuse et ronge ? Est-ce que, finalement, ça ne faisait pas partie de moi ? J'ai écrit ce texte très vite parce que, pour moi, c'était une évidence. Et c'est en l'écrivant que, ensuite, je me suis dit qu'on pourrait se projeter sur une relation toxique. Parce que c'est ce que c'est, qu'il s'agisse d'un couple, d'une addiction à la cigarette, à l'alcool, même aux réseaux sociaux. J'ai trouvé ça chouette de pouvoir l'élargir un peu à plein d'aspects différents.
C'est quand on ressent toutes ces choses-là, et qu'on a du vécu, qu'on peut se permettre ensuite d'écrire des textes.
Diriez-vous que c'est quelque chose qui est moteur dans votre manière de créer votre musique, tant sur la composition que l'écriture ?
Le mal-être ? Oui. Après, je pense qu'il faut vivre des choses pour pouvoir écrire. C'est sûr que si on reste enfermé chez soi, on peut écrire sur ses habitudes, mais on peut vite en faire le tour. Je pense aussi qu'il y a un petit peu de ça aussi qui me plaisait, avec plein de guillemets là-dedans, c'est que ça fait ressentir plein de choses. Quand on est un peu sensible, on aime bien, on peut vibrer, même quand ça fait mal. J'adore les films qui font pleurer. Parce que j'aime bien ressentir des choses. C'est quand on ressent toutes ces choses-là, et qu'on a du vécu, qu'on peut se permettre ensuite d'écrire des textes. J'aurais beaucoup de mal à écrire autrement, finalement.
Maintenant que ce premier single est sorti, qu'est-ce que ça annonce pour la suite ?
Pendant ces deux années, j'ai composé beaucoup de titres. Je continue encore à en composer. J'en ai plein dans les tiroirs et je les sors un peu régulièrement. Il y en a un qui sort le 13 février, la veille de la Saint-Valentin, ça tombe bien vu le thème du morceau. Je réalise que c'est un vendredi 13...
Vous pensez que ça va porter malheur ?
Je ne crois pas. Il y a plusieurs morceaux ensuite qui vont sortir, je prépare déjà le troisième. C'est important de toujours un peu anticiper dans ce milieu-là. J'ai plusieurs morceaux qui sortent, des concerts aussi à venir que nous sommes en train de préparer. C'est le début d'un projet.
Le public qui suit votre contenu sur les réseaux sociaux est-il le même que celui qui écoute votre musique ?
C'est une bonne question. Franchement, je ne saurais pas trop dire pour l'instant parce que je n'ai pas fait assez de concerts pour pouvoir rencontrer suffisamment de personnes. Je sais qu'il y a des gens qui me suivent depuis le projet précédent, mais il y a des gens qui m'ont découvert aussi avec les morceaux que j'ai sortis. J'avais sorti une version live il y a quelques temps de Papillon Noir, qui avait attiré du monde. Maintenant, la proportion des gens qui écoutent mes morceaux personnels, d'où ils viennent et est-ce qu'ils m'ont connu par mes vidéos Instagram, je ne saurais pas le dire à l'heure actuelle.
J'aime les sons du quotidien, je suis très attentif à ce qui m'entoure (...)
Vous avez également collaboré avec Emma Daumas, qui a marqué la chanson française dans les années 2000. Quel élan cela a-t-il donné à votre propre projet musical ?
Ma collaboration avec Emma Daumas m'a fait du bien à un moment où ça tombait pile à la fin du groupe. C'était assez récent. Je me posais beaucoup de questions. Je me suis demandé si j'allais continuer ou non dans la musique. J'avais collaboré aussi avec d'autres artistes avant, comme Dorémus. Quant à Emma Daumas, elle m'a vraiment pris dans son projet et m'a donné une bonne place, pour réarranger ses titres, réaliser la direction artistique du live, et l'accompagner sur scène. J'ai pu regoûter à la scène, aux concerts, ce que je n'avais pas fait depuis longtemps. Ça m'a un peu confirmé que c'était ma place, que je voulais continuer à faire ça. On peut l'oublier quand on ne le fait pas pendant longtemps. Et d'y avoir regoûté, ça m'a fait un petit rappel qu'il n'y avait pas trop de doute.
Quelles sont vos inspirations pour écrire ?
Quand j'étais plus jeune, j'ai beaucoup écouté des chanteurs à textes comme Thomas Fersen. Je remets aussi Jean-Jacques Goldman dans le panier. Ils écrivent très bien et racontent des histoires. C'est un autre type de plume qu'un Gainsbourg ou que d'autres chanteurs. J'aime bien les chanteurs qui racontent des choses qui peuvent nous parler tout de suite. C'est poétique sans trop l'être non plus. Je pense que ça m'a beaucoup nourri ensuite dans ma façon d'écrire. Ensuite, j'adore la musique de films. Je sais que j'utilise pas mal de ces codes dans mes morceaux. On ne l'entend pas forcément, mais j'en mets beaucoup. J'aime les sons du quotidien, je suis très attentif à ce qui m'entoure, que ce soit visuellement, ou le son, le toucher. Et des petits bruits, je vais les noter, ils peuvent m'inspirer quelque chose, une rythmique, et dans mes morceaux, j'utilise beaucoup ça. J'ai rarement un kit de batterie classique. C'est vraiment beaucoup de bruits, de gravier, de vêtements, quelque chose que je casse. J'adore faire de la rythmique de cette manière.
Quelles sont vos aspirations avec ce projet actuel, ou tout autre que vous pourriez avoir en lien avec la musique ?
Parce qu'on vient d'en parler, pourquoi pas lier ça avec justement un film ou un court métrage ? J'ai déjà fait de la musique à l'image ou pour des théâtres, mais le pousser encore plus avec des vrais morceaux. Je sais que ça a déjà existé, des chansons en lien avec le film. J'aimerais bien faire ça, mais en ce moment, je flippe pas mal de l'IA. Mon aspiration est de continuer à exister en tant qu'artiste parce que je sens une vague IA, et elle me fait assez peur. L'IA nous remplace pour plein de choses. J'espère, mais je n'en suis pas sûr, que les gens aient vraiment besoin d'humains au bout d'un moment. Je viens d'une génération où je crois que je n'ai pas connu Internet quand j'étais enfant. J'ai grandi avec des choses très organiques et je ne pourrais pas m'en passer. Mais cette génération qui arrive et qui naît avec l'IA, est-ce que derrière il y a cet attachement-là à l'humain ? J'espère, mais je n'en suis pas convaincu, en tout cas.
Vous ne vous voyez pas travailler avec l'intelligence artificielle ?
Quand l'IA est arrivée, j'étais très geek, j'ai foncé dedans. Au bout d'un moment, j'ai pris du recul et ça m'a fait peur, pas dans le sens que ça allait prendre le contrôle mais plutôt que ça allait remplacer l'humain. Donc, j'ai vraiment ralenti. J'ai pris mes distances avec l'IA, et aussi parce que je sais que je peux avoir tendance à me faire remplacer moi-même par la technologie. Mon téléphone, il est toujours sur moi, je suis addict à ça, il m'aide pour tout. Ça endort notre cerveau, nous devenons incapables de faire quoi que ce soit. Nous n'avons plus le sens de l'orientation depuis que nous avons des GPS, et je pense que nous allons perdre beaucoup avec l'IA. Et donc, maintenant, j'arrête de lui faire rédiger mes mails, de lui faire retoucher des choses. J'essaie de réfléchir par moi-même. Mais c'est un exercice.
"Papillon noir", un single de Marc Parodi (sorti en novembre 2025)
Prochain single disponible le 13 février 2026.
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Source : https://mesinfos.fr