Lotti, l’alter ego libéré : "Thank you very much, c’est dire merci… et ciao"
Avec "Thank you very much", son nouvel EP attendu le 20 février, Lotti amorce un virage indie-pop plus libre et plus direct. Un projet intime, porté par la résilience et l’envie d’oser.
Par Maud Alexia Faivre , le mercredi 11 février 2026
À l’occasion de la sortie de son nouvel EP "Thank you very much", attendu le 20 février, Lotti amorce un tournant décisif. Exit les contours stricts d’un genre : l’artiste explore une indie-pop plus libre, plus frontale, sans renier ses racines hip-hop. Derrière ce virage sonore se dessine une transformation plus intime, nourrie par les ruptures, les remises en question et la résilience. Entre chute et renaissance, elle revendique une écriture plus directe et assume pleinement son alter ego. Avec ces nouveaux titres, Lotti ne règle pas ses comptes : elle remercie, elle apprend, puis elle avance. Rencontre avec une artiste en mouvement.
Affiches Parisiennes : Vous avez sorti trois singles — Atterrissage, Tu m’as roulé et Thank you very much — qui annoncent une nouvelle direction musicale. Qu’apprend-on sur vous à travers Lotti ?
Lotti : Lotti, c’est mon alter ego. Elle ose parler de tout : de ses faiblesses comme de ses joies. Pour n’importe quel artiste, avoir cet alter ego, c’est important. C’est même pour ça qu’on fait de la musique : pour dire des choses qu’on n’oserait pas autrement. Pour moi, c’est une vitrine pour m’exprimer et surtout pour créer. Et créer, je crois que c’est pour ça qu’on vit.
Vous avez sorti un album en 2024. Quelle évolution percevez-vous entre cet album et ce nouvel EP ?
Il y a une grosse évolution, surtout dans la liberté. On est sortis d’un cycle musical, d’un genre, mais aussi d’un entourage. Forcément, ça a ouvert la porte à de nouvelles choses dans la création. Il y a plus de maturité dans la façon de faire, dans les procédés, dans les sonorités, dans le temps qu’on prend. Ça ne se voit pas forcément, mais ça s’entend : le virage est là.
Pourquoi avoir choisi un virage plus pop ?
Parce que c’était mon envie du moment. Je ne dis pas qu’il n’y a plus de hip-hop dans mon flow ou dans certaines sonorités, j’en écoute toujours. Mais j’ai traversé une période où je me suis beaucoup replongée dans mon passé. Des choses liées à mon adolescence sont remontées. Je me suis dit : si j’ai envie de faire un son pop rock, je le fais. Sans trop me poser de questions.
Je me nourris de nouvelles choses.
Est-ce un retour à vos racines ?
Oui, d’une certaine manière. J’ai grandi en écoutant du rock indé, de la pop. C’est un nouveau cycle musical, mais je n’oublie pas le hip-hop. Je me nourris simplement de nouvelles choses.
Vous considérez-vous comme une artiste versatile ?
Je pense que je suis "à 40 %", comme dirait Aya Nakamura. Mais oui, j’ai toujours aimé faire des choses différentes. Sur mon album précédent, Braze, j’avais des références très précises, quelque chose de très "Rihannesque", période Anti, avec des sonorités profondes et dures, très mélancoliques. Aujourd’hui, il y a toujours de la mélancolie, mais aussi plus de légèreté. Ça correspond simplement à des périodes de vie.
Vous évoquez un changement dans votre entourage musical. Comment avez-vous vécu cette transition en parallèle de la création de l’EP ?
Changer d’entourage, c’est fréquent dans ce métier, même si on en parle peu. Ça peut concerner les producteurs, le management… Moi, je n’ai pas changé mon noyau dur, et j’espère qu’il restera longtemps. Mais certains changements ont eu lieu. Ce qui est beau, c’est que ces phases de transformation ont nourri ma musique. Faire de la musique dans ces périodes un peu floues m’a fait du bien. Finalement, les deux se sont nourris mutuellement.
Diriez-vous que votre plume a évolué ?
Oui. Sur le projet précédent, j’étais dans quelque chose de très métaphorique, et j’ai adoré écrire comme ça. Il y a encore des morceaux de l’EP qui fonctionnent ainsi. Mais cette fois, j’avais envie d’être plus directe. Certains titres sont très limpides. Je n’avais pas l’habitude d’écrire aussi franchement. Pour moi, c’était un vrai cap.
Quel texte a été le plus libérateur ?
Les trois singles l’ont été à leur manière. Atterrissage, c’est la première pierre de ce nouveau noyau. Tu m’as roulé m’a fait du bien, c’est un morceau plus doux, un baume. Et Thank you very much, c’est différent : j’envoie tout balader, je dis merci… et ciao. Ce n’est ni de la colère ni de l’amertume. C’est un merci global, pour le bon comme pour le mauvais.
Thank you very much, c’est la résilience (...)
Pensez-vous que tout le monde peut s’identifier à ces textes ?
Oui, je crois. Trouve-moi quelqu’un qui ne s’est jamais fait rouler, que ce soit par la SNCF ou par son ex. Atterrissage parle de chute, d’échec, du fait de recommencer. Thank you very much, c’est la résilience : remercier même les situations difficiles parce qu’elles nous apprennent quelque chose. Ce sont des thèmes universels.
Dans vos visuels promo, on vous voit avec un plâtre. Est-ce que c'était réel ?
Non. J’ai reçu des dizaines de messages pour me demander si je m’étais vraiment fait mal, donc la stratégie a marché. C’était un faux plâtre emprunté à un ami qui, lui, est vraiment tombé. C’était en lien avec Atterrissage : quand on atterrit mal, ça donne ça.
Votre EP sort bientôt. Où avez-vous envie de l’emmener ?
Partout. Je ne dis pas non aux radios, aux programmateurs, aux scènes. Il y a déjà des dates prévues, et j’ai envie de voir comment les morceaux sont accueillis. J’aimerais aussi les transformer, faire des live sessions, des versions acoustiques. C’est un projet qui peut évoluer.
Pensez-vous déjà à la suite ?
Toujours. J’ai plein d’idées. Cet EP, c’est mon entrée dans la pop, mais il reste encore beaucoup à explorer. On a commencé à comprendre vers quoi on voulait tendre. J’aimerais sortir quelque chose assez vite après. Pour l’instant, on crée. On verra où ça nous mène.
Avec qui rêveriez-vous de collaborer ?
En ce moment, beaucoup rêveraient de travailler avec Théodora. Ce qu’elle apporte à la musique est précieux. Je l’imaginerais bien sur un morceau indie pop ou indie rock. J’aime aussi beaucoup Asfar Shamsi.
"Thank you very much", un EP de Lotti (sortie prévue le 20 février 2026)
Rendez-vous sur la chaîne YouTube de Lotti et retrouvez ses singles sur toutes les plateformes d'écoute en streaming.
Suivez son actualité sur son profil Instagram : @iam.lotti
Source : https://mesinfos.fr